(Défi de Léno 2021) Chronique d’Esquilin, 1492

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Phenix
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(Défi de Léno 2021) Chronique d’Esquilin, 1492

Message par Phenix » 10 mars 2021 09:29

Chronique elfique d’Esquilin,
an de grâce 1492,
« Les Terres du Grand Nord ».


« Je le savais, j’aurais dû me méfier, on s’est encore fait avoir, on nous avait promis une aventure passionnante en passant par le Portail des Halles, dans des paysages idylliques des îles tropicales, où l’on aurait pu siroter du rhum, manger des « dodos bien dodus », des sangliers, et tout ça, sacrebleu ! Et nous voilà au bord d’un fjord du Nord, il gèle et on se les gèle », ronchonna le nain Viminal, comme à son habitude, d’ailleurs, c’était son passe-temps favori, de ronchonner, comme tout bon Nain qui se respecte.

L’Elfe Esquilin et l’Humain Caelius levèrent les yeux au ciel, il faisait froid et une petite brume empêchait de voir au loin, mais ils ne relevèrent pas l’énervement du Nain, ils avaient l’habitude.

L’œil averti d’Esquilin vit arriver des Jötnars Vétérans, des Nains Géants, beaucoup plus grands qu’un Homme, ils étaient sévèrement barbus avec des poils blancs ou gris, et portaient des casques à cornes et des masses d’une vingtaine de kilos. Ils n’étaient pas du tout contents de nous voir arriver par notre Portail, au milieu d’un groupe de trois cabanons au bord de l’eau, à l’abri du vent du Nord grâce à quelques petites collines.

Ils n’étaient que quelques-uns et nous, plus d’une centaine d’Hommes, d’Elfes et de Nains, mais ils n’ont pas hésité à nous charger. Les premières victimes furent ces Nains Géants, pas du tout préparés à notre arrivée massive, mais prêts à défendre leur nouveau territoire acquis depuis peu face aux Vikings de la région.

Bien que je n’en sois pas très sûr, avec la brume de la nuit, mais il me semble que le Nain Gorku et quelques compagnons d’armes, comme la Elfe Gwenilin, la Elfe Einläe et le Nain Dwarfdarf furent les premiers combattants victorieux de notre troupe composée d’au moins 140 guerriers et mages. Gorku et Gwenilin font partie des arpenteurs solidaires du marais, une faction bien connue de nos aventuriers, tandis que Einläe et Dwarfdarf font partie du pétale pourpre du lotus rouge, une faction toute aussi connue et redoutée par tous.

Après cette entrée en matière, un groupe d’une demi-douzaine de combattants ennemis prirent position le long de la plage, ils nous attendaient de pied ferme. Deux drakkars mouillaient près de cette plage, mais en eau plus profonde, au bout d’un ponton en bois. Deux Tritons Excités étaient visibles au large. J’ai balancé un de mes sorts favoris contre les combattants devant nous, les Jötnar Vétérans, mais malheureusement, j’ai touché en même temps une soixantaine de montures cachées sous l’eau. D’ailleurs, d’autres de nos compagnons ont fait la même erreur et les montures nous en voudront probablement éternellement… Nous avons pu observer qu’il coexistait des montures hippocampes, requins et sirènes, cela nous a quelque peu surpris.

Le Jarl Björn, un Chef Viking, portant une épée, combattait avec quelques-uns de ses Vikings pour défendre son village à l’Ouest. Sur une pancarte, nous avons lu le nom de Hlymrek, je ne suis pas sûr de la prononciation. Il nous exhortait de laisser les montures tranquilles, car il y avait un pacte viking entre ces centaines de jeunes montures et le Roi Ragnar, un grand seigneur de guerre qui était aussi son père, et il nous proposait de l’aider à combattre les Jötnars (et Jötunns) qui voulaient conquérir la région. Einläe était un de nos porte-paroles, elle avait une fleur de lotus rouge tatouée sur le haut de son bras droit. Dwarfdarf intervenait aussi, et j’ai remarqué qu’il portait toujours l’œil de sepioida acquis lors d’une précédente aventure, c’était son trésor, qui avait une certaine emprise sur lui à l’époque. Baenela, Sofocle, Ar-Daéthir, Minh de Crayon, Dourga et Sunfire complètèrent notre groupe de diplomates.

Après quelques paroles, nous apprenions aussi que les villageois de ce petit village s’étaient réfugiés dans un autre village à l’ouest, plus grand, mais le nom m’a échappé ou n’a pas été évoqué, dans lequel le Roi Ragnar combattait avec ses troupes d’élite. Lorsque la situation se calma, un grand nombre de montures plus imposantes sont arrivées pour nous aider à traverser le lac devant nous.

Plusieurs de nos combattants descendirent discrètement de leurs jeunes montures avant de chevaucher des montures plus expérimentées en marmonnant des excuses au sujet des blessures occasionnées par ignorance. Nous tairons leurs noms ici, par pure décence envers leurs parents, quand on a compris la traduction des cris des jeunes montures.

Dwarfdarf fut le moins diplomate, bien que plusieurs de nos combattants étaient d’accord avec lui, Einläe le sermonna, mais il n’en démordait pas, il voulait une récompense pour notre aide. Un tonneau d’hydromel fut perçé pour boire à la nouvelle collaboration entre Björn, ses Vikings et Nous, et surtout pour noyer le poisson (la récompense ne fut plus évoquée), Disthène servit les quelques chopines, Faith fit une plaisanterie sur Borg, l’architecte Vikea fut évoqué par le Jarl, et Autrui voulait protéger la barrique d’hydromel, mais DANS la barrique, on s’est demandé qui protégerait l’autre, on a bien ri, et après cet interlude bien mérité, nous nous sommes rassemblés au bout du ponton en bois pour y chevaucher nos nouvelles montures pour prendre le passage vers le Nord. Pas question d’y aller en drakkars, car un tourbillon se formait au milieu du lac, il nous y aurait englouti, des récifs nous empêchaient d’aller à gauche ou à droite, sur toute la longueur du passage.

Deux Tritons Excités nous narguaient de loin mais la distance leur permit d’esquiver nos flèches. Deux Serpents de mer de Midgard massifs ont osé nous affronter, ils étaient sensibles à nos projectiles lointains lancés par nos mages, et le Nain Disthène en tua un avec plusieurs carreaux d’arbalète.

En contournant le tourbillon, nous arrivâmes de l’autre côté du lac, des falaises et un barrage nous interdisaient de mettre pied à terre. De l’eau jaillit dans un immense geyser, et un Golem d’eau majeur apparut, menaçant les fauteurs de troubles malfaisants, il fut tué par Stragen, un Nain portant un signe distinctif, la marque de Khorne.

Après l’élimination du Golem, qui, en s’effondrant, fit une brèche dans le barrage, une vingtaine de Seigneurs Tritons, avec des tridents en or, se lancèrent dans les combats, ils semblaient immunisés au toucher glacial et bloquaient les projectiles lointains. Beltran fut une de leurs premières victimes, le Nain Khrô le Bô, avec sa hache soleil, proposait de tenter de les désarmer, l’Elfe archer Jamère proposait le sort de morsure du soleil, et finalement, Einläe proposa que les mages lancent des éclairs de glace, ce fut enfin la bonne solution. Tout comme les volées de carreaux tirées par Björn.

Pendant que nous nous acharnions à franchir le barrage, qui ne s’affaiblissait toujours pas assez malgré le mouvement des eaux et le fracas des combats, des groupes de Vikings avec des haches vinrent nous prêter main forte, ils ont foncé dans le barrage fissuré avec la proue de leur drakkar, et il a fini par s’effondrer, nous offrant enfin le passage.

Le Jarl Björn nous apprit que l’armée de Ragnar s’était mise en ordre de bataille à l’Ouest, mais qu’ils étaient plus lents que nous. Nous devions continuer l’assaut vers le Nord, passer le barrage, et pas de quartier, tuons les Tritons, comme dirait son ami John Sparrow ! Nous devions aussi nous regrouper, ne surtout pas nous éparpiller, concentrer notre force de frappe, trouver les faiblesses de chaque ennemi, et tenter différents sorts. Bref, nous décidâmes de mettre pied à terre, de nous regrouper dans un camp de fortune, de soigner nos blessés, de jauger les forces adverses et de reprendre des forces avant de continuer notre aventure.

Ce sont les récits d'un joueur dans la team N50+ :
(Important, pour info, je suis le joueur derrière la triplette Caelius/Esquilin/Viminal, mais je ne fais pas partie des organisateurs.
Je relate les faits que je vois ou que je lis (ou entends) par vos écrits (des fois, ou souvent, je simplifie), je ne suis pas à l’autre bout de la carte, je ne suis pas dans toutes les discussions et je ne connais aucun tenant ou aboutissant de cette histoire.
Je fais ma chronique, au fur et à mesure, pour mon plaisir et j’espère aussi le vôtre, en essayant de raconter une histoire qu’on pourra lire ou relire plus tard.
Ne faisant pas partie des organisateurs, je ne sais pas du tout si je diffuse ma chronique à tous les concernés, déjà je ne sais pas si ça vous intéresse, donc pardonnez-moi si vous êtes oubliés).
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Re: (Défi de Léno 2021) Chronique d’Esquilin, 1492

Message par Phenix » 17 mars 2021 21:17

Chronique elfique d’Esquilin,
an de grâce 1492,
« Les Terres du Grand Nord ».


Notre arrière-garde était harcelée par plusieurs Seigneurs Tritons survivants des précédents combats, certains de nos camarades allèrent les aider en deux points stratégiques pour faciliter les déplacements de nos retardataires, quelques-uns tombèrent à l’eau et durent retenir leur respiration pour attaquer l’ennemi sous l’eau en lacérant leur peau écailleuse avec des petites dagues, tandis que les Seigneurs Tritons étaient occupés à combattre sur l’eau. Gwen0 dit qu’il avait l’habitude d’être en apnée car il avait déjà côtoyé les chaussettes de Kaïo, le Commandeur du Lotus Rouge. Celui-ci marchait sur des rochers qui affleuraient tout juste sur l’eau, une illumination lui vint, et il fit croire qu’il marchait vraiment sur l’eau, une légende déjà entendue auparavant, certains firent mine d’y croire et de ne pas contredire leur leader, tenant à ce que leur tête reste sur leurs épaules.

Pendant ce temps, dans les postes de défense placés à côté de l’ancien barrage, on observait les alentours. Baenela proposa d’utiliser les groupes de Vikings comme force de soutien pour avancer dans ces terres inconnues. De plus, ils connaissent la région et serviront de bouclier viking si nous devions tomber dans un piège.

Au loin, sept Prêtresses Vikings des Anciens Temps, en cercle, firent des incantations. Faith, n’écoutant que son courage, voulut les protéger, ou plutôt protéger leur état d’immaculées face à quelques-uns de nos soudards. Puis, il constata qu’elles portaient des tatouages tribaux dessinés avec du sang et formaient des signes runiques, et c’est à ce moment qu’on a vu apparaître des Draugrs et des Draugrs Ombrageux, des morts-vivants, des zombies qui s’approchaient, de plus en plus nombreux. Nous n’avions aucune certitude de savoir si c’étaient les Prêtresses qui les invoquaient, ou si un autre être se jouait de nous.

(Mr Sly perçut une sorte de faille temporelle, allant du passé au futur, et vice-versa. Nos prêtres, ou en tout cas ceux qui peuvent converser avec nos Dieux, furent informés que les Draugrs possédaient une capacité inventoriale et métamorphosale qui leur fut retirée par la volonté des Dieux.)

Sur cette plaine rocailleuse qui s’étendait en face de nous, vint se présenter un Ratatatoskr Perdu, tout seul, et armé d’une grosse noisette. C’est un grand écureuil bariolé d’une couleur verte sur sa fourrure marron. Einläe, notre diplomate, entama les discussions. Le Ratatatoskr Perdu dit de Björn que c’est un assassin sans pitié qui a décimé sa famille. Faith, voulant des détails, l’écureuil dit que les Draugrs sont des morts-vivants qui ont été tués auparavant par les Vikings, que les Vikings sont des sauvages qui ne pensent qu’à faire la fête, manger, boire dans des crânes, tuer et piller. Il a aussi peur de Dwarfdarf, et aussi de Bricogne qui semble trop affectueux avec les Sirènes. Glorfindel intervient aussi mais l’écureuil demande pourquoi on ne combat pas groupés, pourquoi certains attaquent les Tritons mais pas les autres. Disthène qui aime les « poignées » des Montures Sirènes demande si l’écureuil se mange, en réarmant son arbalète. Et c’est ainsi que le Ratatatoskr Perdu dit qu’il peut nous aider à quitter cet endroit sains et saufs mais qu’il faudra nous faire pardonner en tuant les Vikings.

Pendant ce temps, Björn couvre notre flanc Est avec ses Vikings contre les Draugrs pour protéger notre groupe. Faith veut prier son Dieu pour savoir quoi penser de tout ceci, et le Nain Spike décida de prier Apiera, mais il ne ressentit que confusion et situation piégeuse. Glorfindel demande à l’écureuil s’il est mandaté pour parler pour les peuples en présence, il répondit qu’il pouvait parler pour les Ratatatoskrs, les Prêtresses et les Tritons, mais que d’autres forces dirigeaient les Draugrs.

Faith demande alors à l’écureuil de faire danser les Draugrs pendant que nous préparions un Conseil de guerre pour que chacun puisse participer, et les Draugrs ont commencé à danser maladroitement, à faire des pirouettes et finalement des courbettes en attendant des acclamations.

Pendant ce Conseil de guerre, Baenela, Mélusine, Tholgar et Disthène nous rejoignent, tout comme Björn qui dit de ne pas écouter l’écureuil car les ratatato.ta.toskrs sont des orchidoclastes. Einläe dit qu’on n’a fait que nous défendre et qu’on va continuer à suivre les Vikings, et Björn dit que les ratata.machins sont des créatures maléfiques qui ne cherchent qu’à attiser les conflits et monter les gens les uns contre les autres.

Finalement, Disthène finit par percevoir la menace et surtout que le Ratatatoskr serait un nécromancien. L’Elfe Tairuel banda son arc et tira. Les derniers mots de l’écureuil furent « noooooooon, j’étais innocent, enfin presque ».

Les combats reprirent. Des sept Prêtresses Vikings des Anciens Temps, deux furent tuées par Zarkov, un Nain maniant une épée de type « sonnaillant » et portant un talisman de fortune, c’est un guerrier souvent en première ligne, très courageux et sans pitié. D’ailleurs, son familier aussi tua une Prêtresse en l’étranglant avec ses tentacules. Deux autres Prêtresses furent abattues par le guerrier Monk-Ric à l’aide de son bâton qu’il manipulait avec une dextérité extrême. Et les deux dernières prêtresses furent éliminées par Lyma, une archère elfe, et Zurina, une autre Elfe avec son bâton de vénérable chaman.

Des Draugrs Ombrageux tombèrent également, tués par notre avant-garde qui ne faisait pas de quartier. Inutile de dire qui a tué qui, chacun a participé et nos guerriers et mages se sont tous illustrés. Il fut cependant utile de préciser que les Draugrs et les Draugrs Ombrageux morts ne mouraient pas tout de suite, certains se transformaient en Draugrs Massifs ou en Draugrs Métamorphosés, ressemblant à des Golems d’Adamantium Gris.

Au bout de la plaine rocailleuse, un mur nous empêcha de continuer, mais un de nos mages lança un passage magique et nous nous sommes installés de l’autre côté pour la nuit. Un peu de repos nous ferait du bien et un bivouac fut improvisé. En gros, les conversations allèrent bon train sur le sujet du « Gigantisme-Minusculisme », thème très passionnant, entre Khrô le Bô, Einläe, Phénix, Mr Sly et Dwarfdarf, et il fut décidé, de commun accord, que le Nain Dwarfdarf en valait sept (le nain grincheux, le nain ronchon, le nain bourru, le nain acerbe, le nain bougon, le nain hargneux et le nain coléreux).

Au petit matin, nous levons le camp et nous nous dirigeons vers le Nord. La plaine est tout aussi rocailleuse mais quelques arbres y sont visibles, et certains en bosquet. C’est ici qu’une vingtaine de Ratatatoskrs Furieux nous tombèrent dessus. Certains de nos guerriers en virent le double, certainement un effet secondaire des boissons bues la nuit précédente. Ils étaient assez résistants, mais Zarkov, notre Champion infatigable, n’en avait cure, il transperça le premier des écureuils géants. Certains commencèrent à faire une collection de noisettes, soit pour les manger, soit pour les monter en collier. Ce fut divertissant, en attendant de voir ce que nous réserverait l’avenir.
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Re: (Défi de Léno 2021) Chronique d’Esquilin, 1492

Message par Phenix » 24 mars 2021 18:13

Chronique elfique d’Esquilin,
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« Les Terres du Grand Nord ».


A la nuit tombée, le dernier écureuil de la plaine tomba enfin, il s’était réfugié sur une petite colline surplombant cet endroit, qui ressemblait à un très ancien volcan affaissé sous son propre poids. Il y combattit valeureusement mais il succomba comme tous les autres. Notre troupe se remit en marche vers le Nord et arriva dans une trouée des monts escarpés qui nous entouraient. Un éboulement nous obstruait le passage. Nains et Vikings prirent leurs marteaux et pioches, et en quelques heures, le chemin fut libre.

Dans cette étendue désertique, il n’y avait pas d’arbre, pas de buisson, ni la moindre herbe, quelques rochers et collines de plusieurs dizaines de mètres de hauteur tout au plus. D’après Björn, on commençait à s’enfoncer dans les lignes ennemies, quelques Ratatatoskrs et Jötnars Vétérans nous attendaient. Après leur élimination, la troupe était de bonne humeur sur le thème du balayage. En fait, plus t’es gros, plus tu morfles, ça faisait rire certains et ruminer d’autres.

Einläe ressentait qu’on s’approchait peut-être du Royaume des Dieux, elle aurait aimé, en son fors intérieur, revendiquer un portrait peint avec Odin, et c’est à ce moment que l’éclaireuse elfe Triton, la première, vit La créature. Au bord d’un lac, de forme parfaitement carrée, du côté Est, le Loup Fenrîr, d’une taille gigantesque, à la fourrure épaisse, mais portant quelques pièces d’armures, se désaltérait à grandes goulées. Il était tellement grand que trois ou quatre humains ne constitueraient qu’une bouchée pour lui.

L’Humain Tancrede fut le premier à lui balancer un sort contenu dans son bâton, TOUS lancèrent des sorts, tirèrent flèches ou carreaux, tranchèrent ou tailladèrent à l’épée, à la hache ou à la lance, voire donnèrent des coups de pied, de poing ou de tête, sur la créature avec des dents aussi longues qu’un homme.

Fenrîr voulait faire un discours épique, mais finalement, avec ses narines expulsant des flammes et ses grands yeux verts, il dit : « Prosternez-vous, ou mourrez dans ce désert ». Certains veulent le tuer, d’autres veulent lui parler, l’amadouer ou le dresser, mais TOUS comprirent qu’il fallait respecter un tel adversaire.

Lyma, une archère Elfe, que ce soit avec son arc sauvage, son carquois magique ou son diadème sacré en or, à moins que ce soit son sort de projection, ou sa prière à Ecatis, réussit à faire bondir le loup à quelques dizaines de mètres.
Fenrîr déclara : « Ah, vous en voulez, vous allez en avoir, bande d'Argr ! Vos Seiðr ne vous protégeront pas, leur magie n'est rien comparée à la puissance des Dieux ! Vous avez du toupet de venir me défier dans ma tanière. Soit, je n’aurais aucune pitié. Vos os rôtiront dans ces terres inhospitalières ! »

L’Elfe Ar Daegûl, porteur de couteaux incisifs, répondit : « Réjouis-toi plutôt que nous autres dökkálfar ne soyons pas assez nombreux pour te passer Gleipnir au cou, engeance et copulateur de géantes ! »

Voyant la situation commencer à dégénérer, certains comme Faith, Disthène ou Mr Sly, se demandent si nos ennemis sont bien nos ennemis, et si on ne serait pas manipulés par Björn, peut-être qu’on devrait parler respectueusement avec la créature. Le Nain Ganael avec sa hache étincelante trouvait l’idée plutôt bonne. Dwarfdarf demande ce qu’on fait. En élevant la voix, le Commandeur Kaïo demande à la créature quelles intentions l’animent et quel est son avis sur Björn.

Entretemps, Björn avait reçu des rapports encourageants sur les autres armées engagées dans les combats, y compris sur son père le Roi Ragnar qui est en train de percer les lignes ennemies aussi. Björn fut interloqué quelques instants quand il vit Fenrîr et dit que le Loup était probablement surpris qu’on ait aussi pris de l’avance sur les deux autres fronts.

Fenrîr prit place de l’autre côté d’une caldeira remplie de lave rougeoyante. D’un souffle, il pouvait projeter de la lave sur nos guerriers. Disthène proposa de nous déplacer dans l’eau du lac. Fenrîr rugit :
« Vous n’êtes que des skorgamors à mes yeux ! Croyez-le ou non, je m’apprête à dévorer la lune et le soleil, et votre monde n’aura plus qu’à s’éteindre.
Puis, je m’attaquerais aux étoiles et l’espoir mourra parmi les Humains.
Vous n’êtes pas mieux que les Dieux. Tout le monde veut ma peau, mais j’ai le cuir dur ! Je tuerais toutes et tous, Humains et Dieux s’il le faut. »
Des grognements se firent entendre, et ensuite le souffle de la bête, des murailles de flammes jaillissent du sol, retombent à une dizaine d’endroits, et séparent les combattants.

L’Elfe Ar-Daegûl, étonné, demande des explications à Björn car d’après certaines de nos légendes, seule la fin de ce monde peut libérer Fenrîr du joug que son peuple a créé à la demande des Dieux !

Le Nain Dwarfdarf avança que le rituel de Fenrîr ne lui disait rien de bon, que s’il avait vraiment la puissance de faire disparaître la lune, le soleil et les étoiles, le loup serait l’équivalent des Dieux qu’il ne semble pourtant pas porter dans son cœur. Il intercala que puisqu’il est Nain, il n’en a cure qu’il en veuille aux Humains. Puis, il ajouta qu’il avait l’impression que la créature prenait de plus en plus de force, qu’il ne sait pas si c’est dû à son rituel magique, mais qu’à son avis, il ne fallait pas le laisser le finir ! Il termina par : « Il est touché ! S’il saigne, c’est qu’il peut mourir ! »

Einläe, submergée par l’émotion, et tout en tentant de prodiguer quelques soins à la bête, dit : « Que vous apportera son anéantissement, sans même avoir essayé de comprendre la nature de Fenrîr ? Que savons-nous de lui ? Que comprenons-nous de sa rage et de sa souffrance ? Réfléchissez au sens de nos actes, je vous en prie ».

Baenela et Disthene ne sont pas très réceptifs, Ar-Daegûl ajoutant que Fenrîr est l’engeance du chaos, et Mr Sly disant qu’on respecte sa puissance, qu’on connaît sa légende et sa prophétie mais qu’on ne peut pas le laisser détruire le monde. Un cessez-le-feu fut décrété pour commencer quelques négociations.

Bien que Dwarfdarf dit qu’Einläe s’était laissé embobiner, et qu’on devait fracasser, soit le grand blond, soit le grand méchant loup, Glorfindel monta sur le promontoire rocheux aux côtés de Einläe. Il dit à Fenrîr qu’on comprend l’infinie profondeur de sa souffrance, sa volonté et la légitimité de sa vengeance, la violence qui l’anime et d’où elle vient. Et il ajouta : « Sens nos âmes issues d’une longue lignée d’elfes anciens, sens notre respect, sens notre désir de paix. Accorde-nous un instant, simplement, d’âme à âme, et décide du chemin à suivre ensuite. »

Fenrîr est époustouflé par la grandeur d’âme d’Einläe et de Glorfindel, la créature de légende met une patte en travers pour les séparer du reste du groupe, voulant qu’ils restent en paix et en vie, et dit :
« Björn et Ragnar sont de grands Vikings qui méritent le respect des Humains et des Dieux, c’est pour cela qu’ils mourront de façon atroce. Un Symbole.
Tout doit disparaître, broyé dans la peur et le désespoir.
Je veux dévorer la lune afin que les marées se tarissent, le soleil afin que les plantes ne poussent plus et que chaque créature dépérisse, absorber les étoiles afin que les marins s’échouent et soient oubliés.
Tout comme moi, rejeté, traité comme une bête dangereuse. Si je dois subir ce sort, alors TOUS le subiront aussi ! »

Faith, tentant de gagner du temps, lui fait remarquer que s’il détruit tout, il n’aura plus nulle part où aller, et donc, il se détruira lui-même.
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Re: (Défi de Léno 2021) Chronique d’Esquilin, 1492

Message par Phenix » 31 mars 2021 15:42

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Les négociations cessèrent et les combats reprirent tout de même, Fenrîr regarda vers le ciel et se déplaça vers l’Est. Quelques instants plus tard, une sorte d’aura arriva sur le champ de bataille et se tenait près du lieu des combats, elle était lourdement casquée à la manière viking, de la magie verte émanant de ses mains. C’était Hel, une déesse glaciale et macabre, mi-vivante, mi-morte, dans son linceul d’Elivágar, sa seule arme était le sceau de Gimlé. La sœur de Fenrîr le soigna en riant malsainement, ce qui glaça l’âme des aventuriers.

Glorfindel implore les anciens Grands Elfes, voire les Dieux. Einläe, par télépathie, demande à Fenrîr de briser ses chaines, s’il connait la vérité. Quelques-uns comme Dwarfdarf ou Disthene, ne sachant plus s’il fallait combattre ou pas, s’éloignèrent quelque peu. Dwarfdarf pense que Hel est le vrai danger, qu’elle manipule Fenrîr pour parvenir à ses sombres desseins. Son plan, le rituel, prévoyant le sacrifice de Fenrîr pour renforcer son propre pouvoir. Fenrîr le sait mais ne peut pas l’empêcher, voire même, il ne veut pas l’empêcher.

Fenrîr est donc sous l’emprise terrible de Hel. La présence de la Déesse de la mort et des Enfers le rappelait à ses devoirs familiaux, et il attire les héros vers le Sud en s’y déplaçant. C’est alors que la terre commença à trembler, violemment, partout. Fenrîr sentit le chaos naître, des glissements de terrain provoquèrent un vide profond, une immense forme glissa sous terre, toute en longueur dont on ne voit pas le bout. Fenrîr sembla intimidé en disant : « Mon frère, tu es de retour ».

Un serpent aux dimensions abyssales sortait du sol et observait la scène de carnage, plus de quarante cadavres gisaient déjà sur le sol. Jörmungandr, une créature oubliée, apparut et s’éleva de toute sa grandeur. Faith implore Björn qu’il ordonne aux Prêtresses Vikings de prendre contact avec les Dieux Odin ou Thor, pour qu’ils fassent leur boulot de Dieux. Ar-daémorh, un elfe à l’armure bénie, portant fièrement son arme, une flamberge irascible, est le Grand Prêtre de la Déesse de la justice et de la vengeance, Ecatis. Il propose d’organiser une grande messe avec tous les fidèles pour contrer le mal incarné.

Björn, en ordre de repli, décide de se réfugier au Sud, il pense au Ragnarök, raconté par les Prêtresses depuis toujours. Il s’agit d’une fin du monde prophétique comprenant une série d’événements dont un hiver de trois ans sans soleil, suivi d’une grande bataille sur la plaine de Vigrid. D’après la prophétie, Odin, Thor, Freyr, Heimdall, Loki, les Géants, et la quasi-totalité des Hommes y mourront. Ensuite, une série de désastres naturels verront le monde submergé par les flots et détruit par les flammes. Il convient ici de préciser que le Loup Fenrîr, la Déesse Hel et le Serpent de Midgard, Jörmungandr, sont les enfants du Dieu Loki et de la Géante Angrboda.

Les Arpenteurs du Marais décident quand même de se regrouper pour finir Fenrîr, d’autant plus que quelques Jötnars et Ratatatoskrs nous attaquaient encore. La plupart des combattants du Lotus Rouge ont suivi Björn vers le village du Sud, à part quelques-uns qui voulaient récupérer une dent ou une griffe de Fenrîr en trophée. Les combats ont duré au moins trois jours et trois nuits, une autre quarantaine de guerriers ont encore été occis par la bête. Finalement, le Pourfendeur du Terrible Fenrîr, Subutaï, un Nain Fidèle de Galthée, armé d’un estoc cristallin, acheva le Loup. Fenrîr était un combattant redoutable, chaque fois qu’il prenait des coups considérables, il envoyait une aura de feu, en deux vagues, capable d’éliminer les moins résistants d’entre nous, sans compter son souffle brûlant qui incinérait tout sur son passage.

Sept prismes apparurent aux côtés du cadavre du Loup, voici la liste :
- prisme de diamant aux vapeurs de selmoniac
- prisme de topaze aux vapeurs d’orpiment
- prisme de saphir aux vapeurs de soufre lumière
- prisme d’émeraude aux vapeurs de mercure
- prisme de rubis aux vapeurs de soufre feu
- prisme d’améthyste aux vapeurs de soufre noir
- prisme d’ambre aux vapeurs de réalgar
Ils furent ouverts par Ulrich Asturia, Trollojojo, dil, Lyma, Le p’tit Bri, Nastas et Kaldran. Sans savoir si c’est par eux ou par leurs compagnons que tout fût ramassé, que ce soient des runes, des brouzoufs, ou des armes comme des haches, fléaux, marteaux ou masses.

Loin au Sud, Björn nous exhortait de cesser les attaques, il se dirigeait toujours vers le Sud avec ses vikings, suivi par la faction du Lotus Rouge, il nous criait qu’il ne fallait pas combattre les Dieux, qui se défendent bien sûr.

A la mort de Fenrîr, Glorfindel et Einläe ont priés, en concluant que c’était probablement SA destinée de toute façon.

Jörmungandr fait maintenant face aux vainqueurs du premier combat qui relevèrent le défi, Sofocle, Guylhem de Puylaurens, Stragen, Bruenor, Dourga, Trollojojo, Ulrich Asturia et beaucoup d’autres allèrent au contact, tandis que Mirriyam, Glorfindel, Beltran, Floyd, Galandriel, Blondie, Gwenilin, Lyma et aussi beaucoup d’autres lancèrent des sorts. Même Mr Sly tenta une projection pour sortir le Serpent de l’eau, mais impossible, il était trop massif.

Cela m’a un peu étonné de voir Glorfindel combattre le frère de Fenrîr, mais cela ne regarde que lui, d’ailleurs quels sorts a-t-il vraiment lancés ? Moi, Esquilin, pour ma part, et mes deux compagnons, Caelius et Viminal, nous avons bien décidé de partir vers le Sud à la suite de Björn.

Il est vrai que Hel survolait à bonne hauteur tout le champ de bataille, inaccessible, elle continuait à déclencher le chaos, le volcan crachant des boules de feu partout, un véritable cataclysme, l’eau montait de niveau, deux lacs bloquant les aventuriers par endroits. Hel interrompt son rituel de destruction et elle demande à Jörmungandr de dévorer les impudents qui ont osé s’attaquer à LEUR famille, de n'en laisser aucun en vie, et elle va s’occuper des fuyards, la déesse de la mort allait filer au Sud, mais auparavant, elle concentra toutes ses capacités divines et créa un portail noir ésotérique, concentrique, autour d’elle, de taille impressionnante. Elle tourne son attention sur le Loup au sol et dit : « En tant que Maîtresse du Royaume des morts, Fenrîr, je te refuse l’entrée au pays des non-vivants. Va te réfugier à l’abri. Jörmungandr et moi, allons régler le sort de ces futurs habitants de mon royaume ! » Hel semblait fatiguée après avoir ramené cette créature extraordinaire, Fenrîr, à la vie, et un long hurlement se fit entendre au loin. Hel se dirigea vers le Sud, satisfaite, en sachant que la présence du Serpent Primordial lui assurerait une victoire. Einläe se demanda si elle pourrait retrouver Fenrîr lorsqu’elle eût compris la situation.

Pendant ce temps, à l’Ouest, Ragnar était en train de défaire le Géant SûRtûR, car cela pourrait déstabiliser l’ennemi, pendant que, au village, des prêtres oecuménistes invoquaient les Dieux elfes, humains, nains et vikings. Ar-daémorh aussi, de son côté, voulait que les prêtres et les prêtresses se rallient et prient pour donner aux Dieux et Déesses, la puissance pour venger nos morts et pour que justice soit faite.

Le cataclysme n’était pas passé inaperçu au Panthéon divin. Hel, l’Avide, avait voulu lancer le Ragnarök, mais la résistance inouïe des aventuriers avait réussi à mettre en difficulté son plan qui semblait pourtant digne de renverser les Dieux.
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Re: (Défi de Léno 2021) Chronique d’Esquilin, 1492

Message par Phenix » 10 avr. 2021 14:08

Chronique elfique d’Esquilin,
an de grâce 1492,
« Les Terres du Grand Nord ».


Alertés par les prières elfes, humaines, naines et vikings, les Dieux (ceux de Delain aussi) commencèrent à se concerter, ils unirent leurs forces pour déclencher un terrible, immense et retentissant flux de tonnerre, une énergie pure, brute, concentrée et dirigée avec puissance vers Jörmungandr. Le serpent fut frappé avec un impact si terrible qu’il provoqua un tremblement de terre, il était sévèrement touché par l’attaque soudaine venue du Ciel.

Jörmungandr était donc gravement blessé, il se recroquevilla sur lui-même, les aventuriers en profitèrent pour frapper de toutes leurs forces et le coup de grâce fut donné par le Vampire Ulrich Asturia, avec sa Grande épée.

Quand il a vu ça, Björn a arboré un sourire indécrochable, on voyait qu’il était heureux de voir les aventuriers réussir, là où des générations antérieures avaient échoué à éliminer des Dieux. Deux en quelques jours. Il demanda à ses Prêtresses de placer une entrée de faille intangible près du lieu du combat avec une sortie plus au Sud, pour pouvoir se diriger plus rapidement vers le village. Disthene fut un des premiers à la franchir.

Quant à nous, Esquilin, Caelius et Viminal, avec d’autres compagnons d’armes, ceux qui suivaient Björn, nous étions déjà arrivés à hauteur du barrage effondré, au bord de l’eau pour prendre une monture. Nous combattions les monstres qui voulaient perturber le rituel de prière, mais c’était trop tard pour eux. Hel, furieuse, s’approchait. Elle n’avait pas encore eu le temps de pleurer la mort de son second frère, qu’elle avait perçu que c’était le lieu de sortie de la faille. Elle voyait les aventuriers déjà présents qui appelaient des montures, être rejoints par ceux qui sortaient de la faille. Auparavant, elle avait réussi à obscurcir la vision des Dieux, mais tous les « priants » ont permis de renouer la connexion entre les Dieux et cet endroit en perdition. Maintenant, elle préparait un sort en dessinant quatre ou cinq pentacles, avant de commencer à nous envoyer TOUS dans un autre monde, mais probablement morts.

C’est à ce moment qu’une silhouette descendait du Ciel en direction du village de Björn. Thor s’approcha de Hel, avec son marteau tenu bien haut, prêt à frapper. Il lui somma de disparaître et de se faire oublier, d’une voix qui n’autorise pas la moindre réponse. Il ne pouvait pas la tuer car elle tenait le Royaume des Morts, mais, au nom d’Odin, il lui interdit de sortir de son royaume morbide pour mille années. Ne pouvant plus protester, Hel se résigna à son sort, puis disparut, dans le silence et le néant.

Thor était visible de TOUS les aventuriers présents, mais ne daigna même pas leur adresser un regard ou un signe, nous pouvions seulement voir que la légende était vraie et qu’il portait une ceinture de force, Megingjord, et des gants de fer, les Járngreipr. Ce sont des éléments indispensables pour pouvoir utiliser le marteau des Dieux, l’écraseur de Géants, Mjöllnir, une arme de jet qui revient comme un boomerang. Pas étonnant que ce soit le plus grand artefact des Dieux. Thor remonta ensuite vers les Cieux, majestueusement.

« VICTOIRE, Victoire, Victoire ! », hurlaient les survivants. TOUS étaient heureux. Le Jarl nous invitait dans son village pour partager quelques barils de bière, nous les avions bien mérités. Certains franchirent le lac en chevauchant des montures marines, tandis que certains autres ont utilisé quelques passages magiques pour arriver plus vite. Sur le chemin, on voyait des montagnes au loin, Autrui se demanda s’il y avait des Saint-Bernard, s’ils portaient des petits tonneaux, et ce qu’il y avait dedans.

Le lieu de rendez-vous était le ponton du village Hlymrek. Björn y décida que nous allions avoir droit à un banquet qui fut organisé dans la foulée dans et devant la plus grande maison de ce village. Après quelques heures passées à enterrer, ou brûler, nos morts et à soigner nos blessés, nous avons fait un brin de toilettes, et nous étions frais et dispos pour assister à ce moment mémorable.

Au crépuscule, quand nous fûmes enfin prêts, nous sommes venus nous asseoir aux tables dressées en notre honneur, il y avait abondance en nourritures et en boissons. Toutes les races elfes, naines, humaines et vikings furent représentées, il y avait même un vampire. Nous avons pu constater que l’écureuil rôti est un délice, un mets quelque peu plus délicat que le sanglier. Il y avait des bières naines, de l’hydromel, un cépage Nordosk, le Côte d’Hormandre et même du lait au sirop d’orgeat, une boisson elfe appréciée surtout par les Elfes Drows à la peau sombre qui s’étaient placés un peu à l’écart, avec notamment Ar Daegûl et Ar-daémorh qui faisaient plaisir à voir, dansant une sorte de gigue autour de leur table, en buvant dans des cornes remplies de différentes mixtures et en chantant à la gloire du Jarl Björn et des aventuriers victorieux, mais surtout des Drows.

Björn prit la parole, il récapitula ce qui s’était passé depuis le début. Toute la région sous les assauts de créatures légendaires, les aventuriers sortis de nulle part, la chevauchée fantastique sur le lac, puis les combats de plus en plus durs, le volcan qui a explosé, le loup Fenrîr, puis le serpent primordial Jörmungandr, sans compter les héros qui ont soutenu l’effort des Prêtresses et des Dieux depuis les deux villages, l’un étant Hlymrek et l’autre étant Skorravik, la malveillance de Hel survolant les champs de bataille en hauteur, jusqu’à l’arrivée de Thor qui a mis un terme à notre aventure.

Des récompenses furent accordées, quelques piécettes, armes et anneaux, mais surtout des grands sacs, des sacs à dos et des sacoches pour familiers, faits avec le cuir d’écureuils géants. Nous avons même reçu des portraits dédicacés de Merrick et quelques bons de milliers d’XP dessinés malicieusement par les jeunes enfants Vikings, nous savions qu’ils n’avaient aucune valeur, mais quelques collectionneurs ont voulu en récupérer pour les placer sur leurs cheminées au retour du voyage.

Un genre de concours s’était aussi invité dans notre histoire, le vainqueur étant celui qui aurait laissé le plus de cadavres sur sa route. Le Nain Disthene dit que Jörmungandr ne compte que pour un, lorsque le décompte fut fait, et que sa faction aurait pu être battue par le Vampire Ulrich Asturia. L’alcool aidant, TOUS revendiquaient des victoires imaginaires, ce qui fait que TOUTES les factions furent déclarées vainqueurs par le Jarl.

Pendant que le banquet battait son plein, l’Elfe Cap’tain Cook, un cartographe, qui accompagnait le Nain Sith et l’Humain Vador, nous avoua que lors de la chevauchée des montures sur le lac, il avait voulu faire un détour par des rochers glissants. Sa monture s’était cabrée et il était tombé dans l’eau en voyant une lueur dans les rochers, un reflet dans une anfractuosité, il s’était approché et avait trouvé un coffre difficile à crocheter, contenant une barbute en titane, des bottes de sept arpents, des gants d’arcaniste, un anneau de troll, un bracelet de géant et un médaillon des loups-garous. Puis, il s’est effondré, ivre comme PRESQUE TOUT le monde, nous n’avons jamais su s’il disait la vérité ou s’il avait tout inventé.

L’Elfe Glorfindel, resté sobre, pour sa part, revint sur son activité lors du combat contre le Serpent, il lui aurait balancé huit sorts d’implosion. Mais auparavant, surtout, un lien aurait été créé entre lui et le Loup Fenrîr, un lien inaltérable pour l’éternité.

Le lendemain, après avoir cuvé, nous décidâmes de rejoindre les Halles, Björn fit donc venir une Völva qui ouvra un accès aux aventuriers pour rentrer sains et saufs chez eux. Notre délégation diplomatique, composée de Mélusine, Arnould, Khrô le Bô, Béron et Glorfindel, remercia chaleureusement les Vikings de leur générosité et de toute cette aventure, avant de franchir le portail qui nous ramenait chez nous.

Ainsi se termine la Chronique elfique d’Esquilin (en 5 parties au total),
an de grâce 1492, « Les Terres du Grand Nord ».
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